Après quatre cents ans de présence au Japon, les chrétiens y représentent encore une minorité presque infinitésimale: un peu moins d’un demi-million.
Mgr Pietro Takeo Okada, archevêque de Tokyo depuis une dizaine d’années et que nous rencontrons mercredi, au début de l’après-midi, s’empresse de le rappeler. Il se demande pourquoi, et ni lui, ni les autres, ne semblent avoir de réponse. La même question résonne dans Ecclesia in Asia, publiée à la fin des années 90 par Jean-Paul II, au terme du synode pour l’Asie: pourquoi Jésus, qui est asiatique, est-il si peu connu sur ce continent?
Presque sans que nous nous en rendions compte, il se crée un moment de communion profonde et fraternelle avec l’archevêque. Nous sommes passés de notre voyage en Asie à la vie de l’Église locale. Les problèmes rencontrés par la société japonaise, surtout celui que nous avons évoqué et qui touche la famille, se sont aussi fait jour.
Mais il existe d’autres problèmes. Dans une déclaration récente, un homme politique célèbre a accusé l’Église d’être exclusive et de prétendre être la seule à posséder la vérité. Dans une interview accordée à un quotidien local, l’archevêque a proposé de prendre pour symbole de générosité universelle, la personne de Jésus mort pour l’humanité. Les hommes, même chrétiens, peuvent faire preuve d’étroitesse de cœur, mais pas le christianisme. Jean-Paul II avait lui aussi demandé pardon pour ces fautes.
Pourtant, ici, au Japon, l’Église a des racines profondes. On le touche du doigt lorsque l’on visite la cathédrale dédiée à Marie: construite dans un style très moderne, elle a été achevée en 1964, sous la direction de l’architecte Tange Kenzo, célèbre dans le monde entier pour avoir conçu les stades qui ont accueilli les Jeux Olympiques de 1964. Le coin où sont conservés un buste de St François Saverio et divers manuscrits japonais anciens datant de différents siècles – un des premiers catéchismes destinés aux catéchumènes, quelques missels et une Bible – , est intéressant et, surtout, sacré. On y trouve également divers objets remontant à la période des persécutions, aux XVIe et XVIIe siècles. Ces persécutions furent sanglantes. Après la canonisation de 41 martyrs, 188 autres, presque tous des laïcs, ont été béatifiés à Nagasaki, l’année dernière.
Enfin, on peut admirer, bien en vue, les planchettes représentant Marie, que les chrétiens devaient fouler aux pieds en signe d’abjuration de leur foi. Qui refusait de le faire s’exposait aux persécutions, voire à la mort. Deux statuettes ressemblant apparemment au bodhisattva Canon, qui représente l’idéal de piété et de compassion féminine dans le bouddhisme mahayana, sont dédiées en réalité à Marie. Leur vénération permettait aux chrétiens de rester fidèles à leur foi et de tromper ainsi ceux qui les surveillaient. Et en hauteur, sur un morceau de bois, trône l’édit qui proclamait les chrétiens hors la loi.
Notre accompagnatrice fait remarquer à juste titre que ce sont des détails qui en disent long sur la force des chrétiens japonais. “Nous sommes peu nombreux, nous dit-elle, mais animés d’un esprit très fort”.
Un signe de reconnaissance
Nous ne pouvons pas quitter la cathédrale sans manifester un signe de reconnaissance à un grand ami, véritable référence pour toute l’Église du Japon et d’Asie: le cardinal Shirayanagi, archevêque de Tokyo durant trente ans, disparu récemment. Nous trouvons l’urne contenant ses cendres dans une des chapelles latérales. Au cours des dernières années de sa vie, après avoir renoncé à diriger son diocèse, le cardinal avait investi son temps et ses forces dans le dialogue interreligieux. C’est pour cette raison que de nombreuses personnalités d’autres confessions ont tenu à assister à ses funérailles. Le dirigeant de la Tendai-Shu est descendu du mont Hiei pour lui rendre hommage, au nom de tout son courant spirituel.
Parmi les fortes impressions ressenties les premiers jours, au contact d’une culture millénaire et fascinante, d’une société extrêmement organisée, mais aussi face à des défis qui ne peuvent laisser personne indifférent, émerge cette idée soulignée par Maria Voce: la grandeur du charisme reçu à travers Chiara, et qui peut rendre Jésus présent au milieu de nous, même dans ce pays.
Mgr Zago, secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux pendant des années et disparu en 2001, le confirmait aussi, à la fin de la préface de l’ouvrage ‘Rencontres avec l’Orient’, qui résumait les voyages effectués auparavant par Chiara. “L’important n’est pas d’aller en Asie à la rencontre d’autres croyants, mais de rendre présent le Christ Ressuscité en faisant unité, afin qu’il puisse agir et se manifester à nous.”
Roberto Catalano


Grazie del costante aggiornamento che ci fa vivere all’unisono con tutti voi e insieme a voi responsabili di tutto con la preghiera e la vita di ogni attimo.1 Maria e Stefania Cerutti.
Grazie di questo diario che ci fà conoscere le vicende della Chiesa in Giappone. (…) Questa domanda sulla pocca conoscenza di Gesú in Asia, fá pensare alle parole dello stesso Gesú: »Non temette piccollo gregge… ».
In fatti é la realtà della Parola di vita di questo gennaio (dei cristiani, che per l’amore scambievole meritano la presenza di Dio tra il popolo) che un giorno potrà di più illuminare e far divampare l’amore in sua dimensione collettiva tra i cristiani giapponesi, come in altri popoli, incluso noi in Occidente, per così dare una risposta a questa domanda così « dirompente ». Chiediamo ed aspettiamo da Dio proprio questa, e di più.
Grazie e complimenti a Roberto Catalano per la cronaca su « I cristiani in Giappone » (…)